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27 mai 2008

L'UNEF appelle les étudiants à défendre les aides au logement


Le gouvernement envisage baisser ou de supprimer les aides au logement pour certains étudiants

Dans le cadre de la RGPP, Christine Boutin, ministre du logement, a annoncé le mois dernier sur le site internet du Monde que le gouvernement envisageait de modifier les critères d’attribution et de remettre en cause le caractère universel des aides au logement (APL et ALS) pour les étudiants.
Les aides au logement sont calculées en fonction des revenus propres des étudiants, sont dégressives en fonction des revenus de l'étudiant et d'un montant moyen de 150€ par mois (en contrepartie les parents ne bénéficient pas des allocations familiales). Elles sont pour beaucoup la seule façon de faire face aux dépenses de loyer. 600 000 étudiants (soit plus que le nombre de boursiers) en bénéficient aujourd'hui.
L’UNEF a été reçue jeudi 22 mai par le directeur de cabinet de la ministre pour lui faire part de ses inquiétudes et obtenir des explications sur les intentions du gouvernement en la matière. Ce dernier a confirmé que la réforme des aides au logement à destination des étudiants « est bien un sujet d’études », pour lequel « une décision devrait intervenir avant la fin du mois de juin ». Le gouvernement envisage de prendre désormais en compte les revenus des parents pour attribuer les aides.
En pratique une telle mesure aurait pour effet de baisser ou de supprimer les aides pour 100 000 à 300 000 étudiants! Ce serait une véritable double peine pour tous les étudiants qui, exclus du système de bourse pour cause de revenus parentaux un peu trop élevés, se trouveraient également exclus du bénéfice des aides au logement pour les mêmes raisons.
De plus, alors que le Président de la République s'est engagé à soutenir l'autonomie de la jeunesse, le gouvernement entend s'attaquer à la seule qui prend réellement en compte la situation de l'étudiant. En prenant en compte les revenus parentaux, on tomberait dans le travers des bourses actuelles qui forcent l’étudiant à une dépendance totale vis-à-vis de la famille et qui excluent la majorité d’entre eux de toute aide.
Pour les étudiants, le principal problème des APL et ALS est de ne pas avoir suivi l’augmentation des loyers. Désormais, presque tous les étudiants touchent aujourd’hui le maximum de l’aide prévu. Le souci de l’équité devrait donc amener à en revaloriser le montant, plutôt qu’à en modifier les critères d’attribution. Le véritable objectif d’une telle réforme n’est pas la justice sociale, mais la recherche d’économie sur le dos des étudiants.
Une mesure à même d'aggraver encore la crise du logement étudiant
Avec moins de 7% des étudiants logés en cité universitaire et des loyers qui ont été multiplié par 2 en dix ans, la France connaît déjà une crise majeure du logement étudiant qui est un des principaux obstacles au choix et à la réussite des études. Une remise en cause des APL et ALS risquerait de rendre de nombreux étudiants insolvables face à leurs dépenses de loyer, multiplierait les risques d'impayés et d'étudiants sans domicile ou en situation de mal logement. De plus, elle risque de décourager la construction de logements étudiants face à une population qui ne serait plus solvable.
Les étudiants ne se laisseront pas faire !
Après avoir tenté de remettre en cause les tarifs sociaux à la SNCF, et avoir réformé les bourses au détriment de milliers d'étudiants, le gouvernement cherche de nouvelles sources d’économie sur le dos des étudiants. C'est faire bien peu de cas de la baisse continue du pouvoir d'achat des étudiants depuis 2001 et de la situation dramatique du logement étudiant.
Les étudiants sont déterminés à ne pas se laisser faire. En 1993 et en 2003, des tentatives similaires avaient conduit les étudiants dans la rue pour faire reculer le gouvernement. S'il persiste, le gouvernement ne doit compter ni sur le calendrier ni sur une mesure prise en catimini pour éviter une confrontation.
L'UNEF attend des ministres du logement et de l'enseignement supérieur qu'elles s'engagent sans délai à ne pas remettre en cause le calcul des aides au logement.
L'UNEF lance dès maintenant une campagne nationale de pétitions dans les universités pour le maintien des aides au logement universelles et pour la revalorisation de celle-ci face à l'augmentation des loyers. L’UNEF appelle les étudiants à faire entendre leur voix et à signer cette pétition (www.unef.fr) pour défendre une nouvelle fois les aides au logement qui sont aujourd’hui menacées.

22 avr. 2008

Rapport Pochard sur l'éducation nationale : Porcherie !

Le conseiller d'État Marcel Pochard a récemment rendu le rapport de la commission qu'il présidait sur la "redéfinition du métier d'enseignant". La grande maxime qui semble avoir guidé M. Pochard dans sa rédaction peut se résumer ainsi : "l'égalité réelle c'est ringard, il faudra vous contenter d'une égalité théorique".

Parmi les propositions phares de ce rapport figure la suppression de la carte scolaire, sacrifiée sur l'autel de la "liberté". Hors, qui va profiter de cette liberté nouvelle ? En effet, il est bien connu qu'en France, tous les lycées publiques n'ont pas la même qualité d'enseignement et surtout, pas les mêmes moyens financiers. Plutôt que de s'attaquer à cette situation injuste, M. Pochard et son ministre de tutelle Xavier Darcos préfèrent baisser les bras et abandonner la dernière garantie d'égalité existant entre les élèves, l'égalité géographique, même imparfaite.

Ne nous y trompons pas, la liberté d'inscrire son enfant dans l'établissement de son choix n'existera que pour une minorité de parents. En effet, une fois la carte scolaire supprimée il y aura toujours les mêmes inégalités entre établissements et même si tous les parents pourront faire une demande d'inscription, il n'y aura pas plus de place. Qui pourra alors bénéficier de ces "bonnes places" limitées ? Encore et toujours les familles les plus favorisées, toujours plus capables d'utiliser le système que les familles moins favorisées.

Par conséquent, le seul changement induit par cette suppression sera la suivante : les enfants issues de la classe populaire qui avaient la chance d'habiter dans la zone d'un "bon lycée" n'auront plus automatiquement la possibilité de s'y inscrire. Qualifier ce retour à l'élitisme du début siècle dernier de "nouveauté", c'est prendre les français pour des imbéciles.

La véritable nouveauté serait de donner suffisamment de moyens à l'éducation nationale, de la maternelle jusqu'à l'université, pour garantir un enseignement de qualité pour chacun et permettre ainsi la réussite de tous. Les lycéens, les étudiants comme l'ensemble de la jeunesse ne se contenteront pas de cette "égalité théorique" qu'on nous vend depuis deux siècle.

Une chose est sure, au combat pour la transformation sociale et la conquête de l'égalité réelle , la TUUD répondra présente.

2 avr. 2008

Réévaluation des bourses : attention danger !


Comme chaque année, les étudiants qui souhaitent faire une demande de bourse sur critères sociaux pour l’année universitaire suivante doivent impérativement penser à saisir leur dosier social étudiant avant le 30 avril 2008. Faute de quoi le versement de leur bourse en début d’année, déjà assez aléatoire, risque d’être retardé.

Bien qu’étant largement injuste -car ne tenant compte que de la situation des parents et pas du tout de celle des étudiants- le système des bourses représente la majeure partie de l’aide sociale étudiante et représente un revenu vital pour un grand nombre d’étudiants. La réforme des bourses effectuée cette année par la ministre Pécresse est d’ailleurs loin de régler ce problème de précarité étudiante, bien au contraire.

Certes, cette mesure instaure une augmentation des sommes versés aux étudiants pouvant bénéficier d’une bourse (maximum 161 euros en plus par an pour les boursiers les mieux lotis ce qui est toujours mieux que rien mais loin d’être suffisant) mais elle ne règle pas le problème de l’injustice des critères d’attribution ni n’augmente le nombre total de boursiers.

Pire, en réduisant l’importance de certains critères d’attribution comme le handicap ou le fait d’avoir des enfants ou des parents à charge, cette mesure va faire perdre leur droit à une bourse à un certain nombre d’étudiants et faire chuter le niveau de cette bourse pour plusieurs autres. On le voit, l’aumône donner avec réticence de la main gauche est vite reprise par la main droite.

La nécessité d’une révolution sociale et pédagogique dans l’enseignement supérieur se fait donc sentir de manière d’autant plus pressante. On ne règlera pas les problèmes de toute une génération de jeunes précarisés avec des mesurettes et quelques tours de prestidigitation. Pour cela, il faudra instaurer un nouveau système de sécurité sociale de la jeunesse permettant à tous de réussir. Bien évidemment, un tel changement social ne pourra être pleinement effectué que si toute la société y participe, pour sortir de l’impasse dans laquelle nous confine la société capitaliste et le dogme libérale il faudra une action concertée des travailleurs, des étudiants et des lycéens.

La Tendance pour une UNEF Unitaire et Démocratique fera tout pour mettre en place les conditions de cette union afin que cette transformation sociale au service du plus grand nombre puisse avoir lieu, à l’université comme ailleurs.

Plus d'infos :
- site du CNOUS ;
- sur le site de l'UNEF.

3 mars 2008

Analyse du plan de "réussite en licence"

Alors que la mobilisation contre la LRU s’est à peine éteinte dans nos campus, Mme Pecresse a annoncé les grandes lignes de son premier chantier : le Plan « Réussir en licence ». Ce chantier avait déjà été annoncé cet été pendant les pseudos concertations avec les différents acteurs universitaires.

Pendant le mouvement pour l’abrogation de la LRU, bien souvent nous avons expliqué que cette loi était en quelque sorte les fondations de la maison libérale. Ainsi, la libéralisation de l’enseignement supérieur se fera brique par brique sur ces fondations....

Pour lire l'analyse complète du plan licence :
cliquez ici.

Le bulletin de février est sorti !


Lors de chaque Collectif National de l'UNEF (une fois tout les 4 mois), la Tendance pour une UNEF Unitaire et Démocratique publie un bulletin de tendance afin de donner son opinion sur les questions qui y sont abordées.
Ci-dessous vous trouverez l'édito du numéro du CN de février ainsi que le bulletin au format PDF. Bonne lecture.

Edito :

Les mobilisations des étudiants et des cheminots du premier semestre ont permis de prouver qu’il était possible de résister à Sarkozy et son projet. C’en est fini de l’état de grâce ! Ces mobilisations sont des points d’appui pour la suite : le mouvement contre la LRU a montré que les étudiants refusaient la privatisation des universités.
Cependant, la réalité concrète au niveau des facs s’impose : la LRU constitue un recul important. Elle permet d’introduire des financements privés, d’accroître la présence patronale dans les conseils et de creuser les inégalités entre universités, entre filières et entre étudiants. Le gouvernement continue à appliquer peu à peu son programme de casse sociale tous azimuts.
Dans le contexte électoral sur les universités, comment l’UNEF doit-elle organiser la résistance ? Nous devons expliquer le projet des libéraux pour conscientiser et remobiliser les étudiants, en partant de l’opposition à l’Opération Campus...

La suite ici !

10 janv. 2008

Le pire serait de s’habituer



Le pire serait de s’habituer

Samedi 19 janvier 2008

Journée européenne d’action contre l’enfermement
des personnes sans papiers dans
des centres de rétention (CRA)

C’est toute l‘Europe qui est de plus en plus hostile aux étrangers, qui se transforme en une forteresse cadenassée et multiplie les lieux d’enfermement : ainsi des camps de « tri » des demandeurs d’asile se mettent en place en Lybie et aux frontières de l’Est.
Le projet de directive européenne qui sera soumis au Parlement européen prévoit une rétention administrative pouvant atteindre 18 mois et une interdiction de séjour en Europe de 5 ans pour les personnes expulsées. Les députés européens doivent refuser cette directive ! (appel à signer : www.directivedelahonte.org)

En France, ce sont 1800 places dans 24 centres de rétention administrative (CRA de 8 à 280 places), en tout 2400 places avec les locaux provisoires de rétention. Les CRA sont le plus souvent inconnus du public, qu’ils soient en pleine ville ou près des aéroports. Mais ils enferment de plus en plus de personnes : 31 232 personnes en 2006 dont 197 enfants, près de 300 enfants en 2007, beaucoup étant nés en France.
C’est le résultat de la politique du chiffre, 25000 reconduites décidées par le gouvernement pour 2007, 26000 pour 2008.
Mais c’est aussi de rétention qu’il s’agit quand on entasse des personnes dans les « zones d’attente » - officiellement hors du territoire français - comme à l’aéroport de Roissy la semaine passée : environ 150 demandeurs d’asile, principalement tchétchènes, étaient maintenus dans la zone internationale dans des conditions inhumaines.

Depuis 2 semaines, les personnes retenues aux CRA du Mesnil-Amelot et de Vincennes, ont entamé des grèves de la faim, brutalement réprimées : outre leurs conditions de rétention, elles dénoncent cette chasse à l’étranger au mépris du droit à la vie privée et des risques encourus par certains.

À Rennes, un Centre de rétention près de l’aéroport de St Jacques de la Lande a été ouvert en août 2007 (60 places dont deux cellules pour familles avec enfants) : déjà plus de 500 personnes, dont enfants, y ont été enfermées. La police arrête les sans papiers à leur domicile ou à la préfecture ; les contrôles au faciès se multiplient aux abords de la gare, des associations, comme les Restos du Cœur ou la Croix Rouge, des lieux de culte.

Les organisations signataires appellent le samedi 19 janvier :

à 14h - MANIFESTATION
place de la Mairie à RENNES

à 16h - RASSEMBLEMENT au CRA
(bus 57 derrière la poste, arrêt Parc des expositions)

Les étrangers ne sont pas dangereux mais en danger !
Et nous aussi, si nous laissons faire des horreurs prétendument en notre nom.
NON au délit de sans papiers !
NON à l’enfermement des étrangers !
NON AUX EXPULSIONS !
Le pire serait de s’habituer et de laisser faire.

Premiers signataires : RUSF, MRAP, Amitiés kurdes de Bretagne,

18 déc. 2007

Régularisation des sans papiers



Alors que la fin de l’année est proche, et que la majorité des gens prépare noël en famille, certaines personnes subissent la politique du chiffre d’Hortefeux et de Sarkozy et ne pourront pas passer les fêtes de fin d’année avec leurs proches. Mercredi 12 décembre, un père d’un enfant de 5 ans a été envoyé au Centre de Rétention Administrative de Rennes. En même temps, 6 personnes d’origine asiatique (dont 3 enfants de 3 à 6 ans) viennent d’arriver au CRA ainsi qu’une femme sénégalaise enceinte de 6 mois.
Outre le fait que les expulsions sont inadmissibles, le développement d’une politique de rafles et d’expulsions permet au gouvernement d’instaurer un climat de peur pour les sans-papiers qui les obligent à travailler dans des conditions de plus en plus précaires, ce qui entraine, de fait, à une dégradation des conditions générales des travailleurs.
Le mois d’octobre 2007 a été mouvementé à Rennes. Mina, étudiante à Rennes 2, originaire d’Anjouan, avait reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français. Une campagne d’information avec des milliers de tracts diffusés et des centaines d’affiches et une forte implication de plus de 30 personnes ont permis une mobilisation massive avec une première manifestation de 500 personnes puis une autre de plus de 800 personnes. Elle a obtenu un titre de séjour étudiant renouvelable.
Actuellement, sur Rennes, le RUSF se mobilise pour une étudiante à la fac de droit qui sous prétexte de mauvaise réussite universitaire est expulsable. Tout monde connait la précarité de la jeunesse et les sans-papiers n’échappent pas à ce problème, pour financer ses études, cette étudiante est obligé de se salarier pour financer ses études.
Les conditions de vie d’un étudiant qui a reçu une OQTF sont catastrophiques car le simple fait de se promener devient un crime : si cette personne se fait contrôler par la police dans la rue (lors, par exemple, d’un des nombreux contrôles arbitraires aux faciès), elle est emmener à un centre de rétention et est expulser très rapidement. Ce qui fait qu’ils sont forcés de vivre cachés, dans la crainte continuelle d’une rencontre avec la police, ce qui n’est pas de bonne condition pour étudier.
Pour lutter contre ses atrocités, il est plus que nécessaire de s’investir dans les cadres existants (RUSF – RESF, Collectif de soutien, etc.) ainsi que de sensibiliser un maximum de personnes sur ces questions et de les faire participer aux activités des réseaux.

La rentrée sociale



Sarkozy a été élu président de la république le 06 mai dernier (voir édito du premier bulletin). Un an après le CPE, les français seraient-ils devenus de droite? Nous pensons qu'il n'en est rien, pour preuve le mouvement social. L'objet de cet article n'est pas de comprendre comment la droite a pu gagner les élections présidentielles, mais de tirer un premier bilan des résistances au projet libéral. Nous pensons que si l'élection de Sarkozy permet à la classe dirigeante de reprendre la main et de passer à l'offensive à tous les niveaux, les capacités de riposte du mouvement n'ont jamais été aussi développées. De plus la droite n'a aujourd'hui pas encore gagné sur ses revendications et Sarko 1er n'est toujours pas parvenu à écraser le mouvement social et syndical. Mieux : malgré sa volonté de ne pas revenir sur ses projets et de les imposer par le rapport de force "pur et dur", il a été forcé par la grève à ouvrir des négociations dans les deux principaux secteurs qui contestent son hégémonie, les cheminots et les étudiants. Retour sur une rentrée sociale au potentiel historique.

Le projet du gouvernement vise à revenir sur l'ensemble de nos acquis sociaux. Il s'attaque à tous les secteurs de la société, santé, retraites, éducation, justice, immigrés... C'est un projet global, qui vise à la fois à ouvrir de nouveaux espaces à la concurrence (services publics) et à imposer l'hégémonie néolibérale dans l'ensemble de la société (travailler plus pour gagner plus, les caisses de l'état sont vides...). C'est une politique de classe, décomplexée, et il s'agit pour nous de construire une réponse de classe, dans la rue, pour faire échouer ce projet de société.

Le 18 octobre, à l’appel de l’ensemble des syndicats de cheminots, près de 75% des travailleurs de la SNCF étaient en grève (en 95 il n’y a jamais eu autant de grévistes…). Cette mobilisation des cheminots a permis aux étudiants de lancer la grève dans un certain nombre de facs. La mobilisation des étudiants a connu son apogée le 20 novembre, alors que la mobilisation du secteur public et notamment des profs franchissait elle aussi des seuils historiques : près de 65% d’enseignants grévistes dans le secondaire, environ 60% dans le primaire. Alors que le 28 novembre près de 80% des travailleurs des ANPE et UNEDIC faisaient grève, les lycéens rejoignaient de plus en plus les étudiants sur leurs revendications. Aujourd’hui les lycées pros se mobilisent contre la suppression des BEP, et Sarko veut réformer le bac (bac unique) et instaurer l’autonomie des lycées (rapport Darcos).

Alors que les politiques du gouvernement n’ont jamais été aussi ouvertement racistes depuis Vichy (rafles, quotas, tests ADN), les réseaux de solidarités aux personnes sans papiers n’ont jamais été aussi développés. Il est urgent maintenant que l’UNEF construise largement le RUSF, qui permet de développer un cadre unitaire de mobilisation et de conscientisation sur ces questions. Etudiants français étrangers, droits égaux !!! Une carte d’étudiant= une carte de Séjour !!!

Aujourd’hui, alors que les étudiants ont repris les cours et les cheminots le travail, aucune mobilisation ne s’est traduite par une défaite. Les cheminots appellent à la grève le 13 et le 18 décembre, les profs ne resteront pas sans réagir aux suppressions de postes dans l’EN, les étudiants continueront de se mobiliser contre les expulsions et pour une université ouverte à tous, notamment dans le cadre du chantier de la licence.

Nous devons expliquer dans nos facs qu’il faut résister, se battre pour la création de milliers de postes de profs et de personnels à la fac, et refuser des facs d’élites et concurrentielles.

Nous devons nous opposer de toutes nos forces au projet libéral, dans la rue, contre la privatisation de la santé, de la justice, de l’éducation.

13 déc. 2007

Alerte Contre la Guerre

Appel Unitaire

- Nous sommes alerté-e-s par la surenchère des va-t-en-guerre aux USA et en Europe et par l'escalade guerrière au Proche et au Moyen Orient ;
- Nous sommes conscient-e-s de l'implication de la France et de l'Europe dans les crises de cette région ;
- Nous sommes inquièt-e-s des conséquences meurtrières des politiques qui y sont menées ainsi que des conséquences sur l'ensemble de la planète de la poursuite et de l'extension de ces politiques de guerre et de domination ;
Nous lançons un appel à toutes et tous, aux associations, mouvements, organisations politiques et syndicales, collectifs d'artistes, groupes et individus ;

Afin de construire ensemble, sans attendre, un large mouvement d'opposition à la guerre et aux politiques guerrières.

En France et en Europe, Opposons nous aux Logiques de Guerre

  • Contre toute participation de la France aux politiques d'agression et de guerre ; Contre l'alignement de la politique française sur les politiques d'hégémonie des Etats-Unis et sur la politique coloniale israélienne.
  • Contre les menaces d'extension de la guerre à l'Iran, à la Syrie, au Liban ou ailleurs. Pour une paix juste dans l'ensemble de la région, pour la fin des occupations en Palestine, en Irak, en Afghanistan.
  • Contre toutes les politiques du chaos, de la guerre et du colonialisme au Moyen-Orient ; contre la logique de la guerre des civilisations et pour le respect entier et impartial du droit international.

Solidaires de toutes celles et tous ceux qui combattent pour la justice, la démocratie et les droits humains, nous refusons que leur cause soit utilisée comme prétexte pour justifier les politiques de guerre et d'agression. Les bombes et les bottes des armées d'occupation sont des obstacles à tout progrès dans le combat pour les droits des peuples, pour la justice et pour la paix.

À partir de ce socle commun, nous invitons à venir construire ensemble ce mouvement. Il se veut le plus large possible, il n'est la propriété de personne et doit permettre à chacune et à chacun de se l'approprier.

Premiers signataires :

ACG (Agir Contre la Guerre), Americans Against the War (AAW), Argentin-e-s à l'étranger, ATTAC France, Les Alternatifs, Brussel Tribunal, Génération Palestine, CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la protection du Peuple Palestinien, CMF (Collectif des Musulmans de France), Capjpo-Europalestine, Convergences Citoyennes, Coordination des Collectifs antilibéraux, Droits Devant, Femmes en noir, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), IREP (Institut Européen pour la Paix), Mouvement des Indigènes de la République, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Tymat-Liban, Sopirak, Stop-Précarité, Alternative Libertaire, Sierra Maestra, Nanterre-Palestine, La Guerre Tue (Toulouse), Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF)...

Signez l'appel

Le site d'Alerte Contre la Guerre

7 déc. 2007

Imposer un autre projet :


Un enseignement supérieur de qualité accessible à tous !

Aujourd'hui, un étudiant sur deux est obligé de se salarier pour financer ses études. La précarisation de la jeunesse n'est plus à démontrer, c'est la seule catégorie sociale à na bénéficier d'aucun statut. Par ailleurs, l’enseignement manque de moyens financiers au niveau des CROUS et financiers au niveau du personnel de l’université où il a été annoncé des suppressions massives de postes.

Alors que Sarkozy annonce qu'il va donner 15 milliards à l'enseignement supérieur et à la recherche, aucune modalité de répartition des cet argent n'a été évoqué :
- Cet argent sera-t-il public ou seront-ce des crédits d’impôt, c’est-à-dire des subventions déguisées au privé ?
- Comment sera-t-il distribué si les facs sont autonomes et mises en concurrence ?
Ce qui peut-être envisageable c'est une légère augmentation dans pas mal d'universités et pour les pôles d'excellence, un gros pactole. Ce qui fait des inégalités entre les universités.

Sur la question d’un cadrage national du diplôme, c’est une annonce qui reste aussi très floue. Le cadrage national serait probablement sur les intitulés et les modalités de contrôle de connaissance (MCC) mais pas sur le contenu car le LMD et la LRU mettent en place une autonomie pédagogique. Et cela n’empêche en rien la mise en concurrence des universités.

Les 11 millions prévu pour la création d’un 6ème échelon de bourse pour 100.000 boursiers et 50.000 boursiers supplémentaires sont bien loin des 10 milliards pour la création d’une allocation d’autonomie pour la jeunesse.

Aucune des mesures annoncées par le gouvernement ne vide la LRU de son contenu et ce ne sont pas non plus des garde-fous. Bien au contraire, la LRU accentue les inégalités.

Face à ces attaques, i faut opposer un projet fort et ambitieux. Le statut social de la jeunesse doit être au centre de celui-ci. Gel des frais d’inscription (depuis 2001, ils ont plus que doublés), plafonnement des loyers et multiplication des logements étudiants, transports urbains gratuits, accès à la santé, à la culture, tous ces éléments sont essentiels.

Mais la pierre angulaire de ce statut est la mise en place d’une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation ou en insertion professionnelle. Financé par une branche jeunesse de la sécurité sociale et d’un montant d’au moins 900€ pour tous, un tel présalaire permettrait l’accès de toutes et tous à l’éducation et l’acquisition d’une réelle autonomie pour tous les jeunes. Il faut défendre des diplômes nationaux reconnus par les conventions collectives.

Bref, il faut s’opposer sans concessions à toutes les réformes libérales et défendre un véritable service public de l’enseignement.

3 déc. 2007

Le décès de la Recherche Publique Française


L'Assemblée générale réunissant des étudiants de l'IEP de Rennes
a l'immense chagrin de vous faire part du décès de la Recherche Publique Française. Alors même qu'elle amorçait un nouveau cycle de vie, la Loi Libertés et Responsabilités des Universités du gouvernement français lui a porté un coup fatal.

Ces mêmes étudiants invitent tous les chercheurs et étudiants rennais ainsi que tous les citoyens voulant LUI rendre un dernier hommage à se joindre, *mardi 4 décembre*, à la *marche commémorative qui partira de l'Institut d'Etudes Politiques à 18h 30*, pour se recueillir devant deux lieux qu'Elle affectionnait : Dans un premier temps le CRAPE ( *Centre de recherches sur l’action politique en Europe* hébergé dans l'IEP), puis devant la Délégation régionale du CNRS, rue de Paris.

Nous demandons aux participants de respecter notre deuil, dans une grande dignité ; une musique de circonstance accompagnera notre marche.Les chercheurs, citoyens les plus touchés par ce drame seront invités à tenir la tête de la procession.

2 déc. 2007

Appel de la coordination nationale de Nantes


Appel de la coordination nationale de Nantes

Le mouvement contre la Loi Pécresse continue.

La mobilisation importante a contraint la Ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a un déblocage de moyens pour l’Université. Cela n’est pas une réponse à la revendication première d’abrogation de la Loi d’autonomie des Universités des étudiant-e-s mobilisé-e-s depuis plus d’un mois. La mission sur le cadrage national des diplomes n’apporte aucune garantie législative. Les annonces budgétaires de 20 milliards d’euros demeurent insuffisantes (10% de plus de budget par an) face à la pénurie de moyens dans les Universités, et rien ne garantit que ces promesses soient réalisées d’ici 2012. Par ailleurs, le financement public de l’enseignement supérieur ne peut pas se faire par la privatisation rampante d’EDF (en vendant des actions come le propose Nicolas Sarkozy).

Tout cela ne change rien au coeur de la Loi. L’autonomie budgétaire des Universités, l’introduction forte des entreprises privées et leur influence dans leur contenu des cours en contrepartie de fonds privés, l’octroi d’un pouvoir arbitraire aux présidents d’Uniersité, le risque d’une hausse des frais d’inscription, la précarisation généralisée du personnel enseignant et administratif sont toujours présentes dans la LRU. Par conséquent, nous réaffirmons notre opposition à la loi Pécresse et nous condamnons les négociations de la direction nationale de l’Unef.

La LRU n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Depuis le début de la lutte, c’est la position de toutes les assemblées générales et de la coordination nationale, seules instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous, et contre la destruction du service public. étudiant-e-s et lycéen-ne-s, avec la LRU et les 11 500 suppressions de postes dans l’education, c’est notre avenir qui est menacé. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour la création des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre Français-e-s et Etranger-e-s dans l’accès aux études, pour la gratuité des enseignements et pour la redistribution interne des financements de la Recherche. Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et d’être solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration de leur pouvoir d’achat. Nous appelons à la tenue d’Etats-Généraux de l’enseignement supérieur pour formuler des propositions en positif face au projet du gouvernement avec les acteurs de la communauté universitaire (les enseignants, les chercheurs, les Biatoss) et de leurs mouvements (SLR, SLU). De telles propositions sont de toutes façons, pour nous, subordonnées à l’abrogation de la LRU.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariés de la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu’il ne reculera pas face à nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu’il existait une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail.

En effet, la LRU n’est pas une loi isolée mais fait partie d’un contexte de casse généralisée du service public dû à une libéralisation grandissante de la société et de l’économie française, ce que nous condamnons. Face à un Etat autoritaire, qui joue sur l’usure du mouvement contestataire, et constatant l’échec des négociations SNCF, nous annonçons que nous allons combattre et que nous réfléchirons à l’interruption du mouvement uniquement lors de l’officialisation de l’abrogation de la loi Pécresse.

Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à créer des assemblées générales communes avec les enseignant-e-s et les personnels afin de consolider les liens en vue d’arriver à une cooordination nationale de l’enseignement supérieur. Les lycéen-ne-s doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de l’Education Nationale, notamment dans les universités et dans les lycées.

La plupart des présidents d’université étant en faveur de la LRU, ils n’hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policières... ne répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à nous empêcher de nous mobiliser, c’est-à-dire nous priver de notre droit de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et les arrestations. Nous exigeons l’amnistie de tous les inculpé-e-s des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et le retrait de toutes les forces répressives (polices, vigiles privés...) qui occupent actuellement des universités. Nous réclamons la démission des présidents d’universités ayant fait appel à la répression et collaboré à l’expulsion de sans-papiers.

La semaine dernière, le mouvement a été veritablement victime d’un durcissement de la répression. Le recteur de l’academie de Nantes a interdit la tenue d’Assemblée générale dans les lycées. Les charges de CRS ont été particulièrement dures à l’encontre des manifestants ; un mineur a été gravement blessé à l’oeil par un tir de flashball.

Face à cette situation, nous réaffirmons que le droit de réunion, le droit de manifestation et de grève doivent exister pour tous, y compris les étudiants et les lycéens.

Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous les étudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se réunir et décider ensemble de se mobiliser. Sans piquets de grève votés dans des Assemblées Générales massives, les étudiant-e-s ne disposent pas réellement de droit de grève. Sans occupation des locaux, ils ne disposent pas véritablement du droit de se réunir. Face aux tentatives de faire reprendre les cours par l’intermédiaire des référendums, nous réaffirmons la seule légitimité des Assemblées Générales pour décider des suites du mouvement : c’est dans les AG que les informations, les différents points de vue peuvent être échangés et que les étudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause. C’est aux grévistes d’organiser eux-mêmes la prise de décision et non aux présidences d’université, qui pour la plupart soutiennent la réforme. Nous appelons donc au boycott des votes organisés par les administrations universitaires.

Les annonces du gouvernements, présentées par des organisations syndicales comme une raison d’arrêter le mouvement, tout comme la répression généralisée, visent à nous isoler. Loin de nous résigner à ce risque d’isolement, nous réaffirmons que notre mouvement a vocation à s’étendre dans les universités, dans la jeunesse et dans le monde du travail.

Le projet du gouvernement est de détruire l’ensemble des acquis sociaux. Face à ce projet, c’est ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un mouvement d’ensemble des jeunes et des salarié-e-s pour riposter à l’offensive du gouvernement.

Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines : éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un réengagement massif de l’Etat dans le financement de l’enseignement supérieur et la recherche, la titularisation des précaires, l’augmentation des salaires et du point d’indice dans la fonction publique....

Nous appelons à une manifestation massive le 6/12 pour que le mouvement montre sa force et qu’il encourage plus d’étudiant-e-s et de lycéen-ne-s ainsi que d’autres secteurs à nous rejoindre dans la lutte : nous appelons à une manifestation massive pour assurer la visibilité du mouvement et son élargissement vers d’autres secteurs. Nous appelons en particulier les personnels de l’université à nous rejoindre dans cette manifestation dans des cortèges communs.

Nous appelons désormais à la tenue de coordinations nationales de l’enseignement supérieur qui inclueraient les étudiant-e-s et les personnels de l’université.

Nous appelons à participer à toutes les initiatives d’autres secteurs en lutte contre le gouvernement et sa politique, en particulier à la manifestation des chômeurs et des précaires du 8/12.

Nous proposons une prochaine date de manifestation interprofessionnelle le 11 (ou 13)/12, et nous adressons en ce sens à l’ensemble des salariés et de leurs organisations.

1 déc. 2007

Étudiants étrangers : ni sélection, ni expulsions !

Réunion du RUSF 35 tous les mardis 18h30 Campus Villejean - Salles F

Depuis la rentrée de 2004, un large mouvement de défense des jeunes sans-papiers scolarisés et de leur famille a vu le jour. Le réseau éducation sans frontières a permis à de nombreux élèves de sortir de l’isolement et de mener une lutte pour leur régularisation et celle de leur famille, pour gagner le droit de vivre en France.

Le risque pour un jeune d’être éloigné de force du territoire français ne s’arrête pas aux portes des établissements scolaires. Dans l’enseignement supérieur, nous assistons depuis plusieurs années à la dégradation de la situation des étudiants étrangers : conditions d’accueil déplorables, difficultés sociales et précarité administrative.

Être étudiant sans-papiers c’est d’abord encourir le risque de se voir refuser une inscription dans un établissement d’enseignement supérieur malgré une inscription pédagogique en raison du défaut de papiers ou de visas long séjour. Mais même pour ceux qui réussissent à s’inscrire, les difficultés restent considérables : peur permanente de l’interpellation et de la reconduite à la frontière, difficultés pour se loger, se soigner, travailler, vivre... Réussir ses études dans ces conditions relève de l’exploit et les échecs sont nombreux.

Les cas d’étudiants sans-papiers se multiplient également pour ceux qui sont régulièrement inscrits au sein d’établissements d’enseignement supérieur et disposaient de papiers. En effet, l’étudiant étranger est sans cesse menacé par l’intrusion des préfectures dans son cursus universitaire et dans sa vie privée. Les préfectures refusent ainsi de renouveler les titres de séjour des étudiants prétextant l’insuffisance de ressources, l’absence de logement ou s’arrogeant un droit de regard sur leur parcours universitaire. Elles jugent seules, de façon arbitraire et sans aucune compétence ni légitimité pédagogique du « sérieux » et de la « réalité » des études suivies et décident ainsi que tel ou tel étudiant n’aura plus droit à un titre de séjour pour étudier en France.

Au-delà des questions de séjour, les inégalités de traitement entre étudiants français et étrangers ne sont pas acceptables. L’étudiant étranger subit sans cesse des restrictions et discriminations en matière d’aides sociales, d’œuvres sociales universitaires, d’accès au logement et à l’emploi. Et s’il veut, à l’issue de ses études, acquérir une première expérience professionnelle, l’étudiant étranger se voit refuser quasi systématiquement un changement de son statut d’étudiant vers un titre de séjour de travailleur du fait de l’opposabilité de la situation de l’emploi ou de l’inadéquation de l’emploi avec son niveau d’études (moins de 4 000 changements de statut accordés sur 200 000 étudiants étrangers en France).

Comment accepter que des lois injustes imposent de telles contraintes et de telles conditions de vie à nos voisins d’amphi, nos étudiants, nos amis ? Pouvons-nous laisser des camarades isolés jusqu’à ce que la décision d’un préfet les prive du droit d’étudier et les pousse ligotés dans un avion, les faisant ainsi disparaître de notre vue ?

Nous pensons qu’il faut en finir avec ces différences de traitement. L’égalité des droits entre tous les étudiants doit prévaloir : chaque étudiant quelle que soit sa nationalité doit pouvoir étudier en France dans des conditions satisfaisantes avec le même accès au travail, aux aides sociales, aux logements (système de cautionnement) etc. Les étudiants étrangers doivent pouvoir s’inscrire à l’université dans les mêmes conditions que les autres étudiants, selon le seul critère de leurs acquis pédagogiques ou professionnels évalués par des commissions universitaires.

Alors que la législation renforce sans cesse depuis une décennie une vision utilitariste de l’immigration et accentue la sélection des étudiants étrangers selon les « besoins » de l’économie française, nous voulons réaffirmer la vocation universelle des établissements d’enseignement supérieur qui doivent rester ouverts à tous. Leur mission d’enseignement, d’échange et de réflexion ne peut s’accommoder d’inégalités entre étudiants ou de l’exclusion de certains.

C’est pourquoi nous appelons à la constitution d’un réseau de solidarité avec les étudiants étrangers à l’échelle nationale qui aura vocation à briser l’isolement des étudiants sans-papiers et fera échec à ces réglementations absurdes. Ainsi, nous appelons l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur mais aussi tous ceux, individus, syndicats, associations, partis, qui rejettent l’injustice et l’oppression :
- à signer, reproduire et faire circuler cet appel ;
- à constituer des collectifs locaux pour se faire connaître et pouvoir créer des réseaux de solidarités avec les étudiants étrangers.
- à se battre pour l’égalité des droits entre étudiants français et étrangers et pour la régularisation de tous les étudiants sans-papiers afin que la seule possession d’une carte d’étudiant donne accès au titre de séjour et que la seule signature d’un contrat de travail permette d’accéder à l’emploi.

Organisations signataires : AEOM (Association des étudiants d’origine malgache) ; Association des doctorants et étudiants des Roumains de France ; Association "étudiants étrangers bienvenus à Arras" ; AUGET (association universitaire des étudiants tunisiens de Grenoble) ; Association des étudiants de Béthune ; Association Le Monde Des Cultures ; ATMF association des travailleurs maghrébins de France ; COLCREA (Association d’Étudiants et Créateurs Colombiens en France) ; Collectif Lyonnais de Soutien aux Étudiants Étrangers ; Convergence citoyenne et Alternative citoyenne ; Étudiant comorien de France (Arc en ciel) ; Fac Verte (l’écologie universitaire) ; Fédération des étudiants maghrébins ; FERC-CGT ; FERC Sup-CGT ; FSU ; FTE-CNT ; Gisti ; GUPS (union générale des étudiants palestiniens) ; JCR ; LDH ; LMDE (la mutuelle des étudiants) ; SNASUB-FSU ; SNESUP-FSU ; Solidarité étudiante sénégalaise de Pau ; SUD étudiant ; UEAF (Union des étudiants algériens de France) ; UEC (Union des étudiants communistes) ; UNEF ; Union générale des étudiants en Tunisie ; Union des étudiants étrangers de Strasbourg ; Union des étudiants syriens de France.

29 nov. 2007

Appel de 200 militants de l'UNEF

Pour l'abrogation de la LRU, amplifions la mobilisation !

En tant que militants syndicaux, nous sommes opposés à la Loi
relative aux Libertés et Responsabilités des Universités, « loi Pécresse
», votée pendant l'été. Ce texte est tout le contraire de ce dont
les universités françaises ont besoin.

En renforçant le poids des personnalités extérieures au détriment
des étudiants et des personnels, et en encourageant le recours au
financement privé, la loi entraîne les universités vers une privatisation
des formations. En institutionnalisant la pré-inscription des
lycéens, elle ouvre une porte vers l'instauration de la sélection à
l'entrée.

Nous considérons que cette loi n'est ni amendable, ni négociable.
Nous appellons à amplifier la mobilisation, en vue d'obtenir l'abrogation
de la Loi Pécresse.

25 nov. 2007

Appel de la coordination de Lille

COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE (appel de Lille - 25 novembre 2007) :

Nous, étudiants de 67 universités, réunis en Coordination nationale les 24-25 novembre 2007 à Lille, adoptons l’appel suivant.

Plus de la moitié des universités sont en blocage total ou partiel et plus de 60 universités sont touchées par la mobilisation.

Nous rejetons la LRU parce qu’elle signifie la privatisation de l’enseignement supérieur. L’introduction de financements privés va renforcer les inégalités entre universités et filières et va permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations. L’université n’est pas responsable du chômage, et adapter l’université aux exigences du "monde du travail" ne rapprochera pas les étudiant-e-s de l’emploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la déqualification et vers la précarité. La LRU implique aussi la précarisation des statuts des enseignants et personnels, et la transformation des présidents d’université en véritables managers.

Nous refusons la logique d’autonomie financière, qui implique le désengagement financier de l’Etat, et donc l’augmentation à terme des frais d’inscription. Nous refusons également l’instauration d’une pré-sélection à l’entrée de l’université, qui remet en cause l’accès de tous à l’université.

La ministre Pécresse a récemment annoncé le déblocage de moyens pour les étudiants en 1er cycle (réorientation, tutorat), ainsi que la suppression des cautions pour le logement... en échange d’un « retour au calme » sur les campus. Cela prouve que le gouvernement voit bien qu’il y a un problème dans les universités, et qu’il a peur du mouvement étudiant. Mais ces annonces ne répondent pas au problème central : la LRU, et les dangers qu’elle nous promet. C’est pourquoi nous demandons au bureau national de l’Unef de prendre clairement position pour l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au retrait de cette loi.

La LRU n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Depuis le début de la lutte, c’est la position de toutes les assemblées générales et de la coordination nationale, seules instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous, et contre la destruction du service public. Etudiants et lycéens, avec la LRU et les 11 500 suppressions de postes dans l’education, c’est notre avenir qui est menacé. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour la création des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre Français-e-s et Etranger-e-s dans l’accès aux études. Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et d’être solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration de leur pouvoir d’achat.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariés de la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu’il ne reculera pas face à nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu’il existait une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail. Les cheminots en particulier ont montré que lutter contre Sarkozy et sa politique était possible.

En effet, la LRU n’est pas une loi isolée mais fait partie d’un contexte de casse généralisée du service public dû à une libéralisation grandissante de la société et de l’économie française, ce que nous condamnons.

Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à renforcer les liens entre personnels, enseignants et étudiants. Les lycéens doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycéens et étudiants doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de l’Education Nationale, notamment dans les universités et dans les lycées.

La plupart des présidents d’université étant en faveur de la LRU, ils n’hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policières... ne répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à nous empêcher de nous mobiliser, c’est-à-dire nous priver de notre droit de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et les arrestations. Nous exigeons l’amnistie de tous les inculpés des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et le retrait de toutes les forces de police qui occupent actuellement des universités.

Nous réclamons la démission des présidents d’universités ayant fait appel à la répression et collaboré à l’expulsion de sans-papiers.

Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous les étudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se réunir et décider ensemble de se mobiliser. Sans blocages votés dans des Assemblées Générales massives, les étudiants ne disposent pas réellement de droit de grève. Sans occupation des locaux, ils ne disposent pas véritablement du droit de se réunir. Face aux tentatives de faire reprendre les cours par l’intermédiaire des référendums, nous réaffirmons la seule légitimité des Assemblées Générales pour décider des suites du mouvement : c’est dans les AG que les informations, les différents points de vue peuvent être échangés et que les étudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause. C’est aux grévistes d’organiser eux-mêmes la prise de décision et non aux présidences d’université, qui pour la plupart soutiennent la réforme.

Nous appelons donc au boycott des votes organisés par les administrations universitaires.

Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et le retrait de toutes les forces répressives (polices, vigiles privés...) qui occupent actuellement les universités.

Leur projet est de détruire l’ensemble des acquis sociaux. Face à ce projet, c’est ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un mouvement d’ensemble des jeunes et des salariés pour riposter à l’offensive du gouvernement.

Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines : éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un réengagement massif de l’Etat dans le financements de l’enseignement supérieur et la recherche, la titularisation des précaires, l’augmentation des salaires et du point d’indice dans la fonction publique....

Nous reprenons l’appel de la coordination de Tours à la journée de mobilisation 27 novembre.

Nous appelons à faire du 29 novembre une manifestation nationale étudiants/lycéens.

Nous appelons à une journée nationale de solidarité avec les sans-papiers le 3 décembre.

Nous proposons une prochaine journée de mobilisation interprofessionnelle le 4 décembre.

Nous rejoindrons toute initiative proposée par les salariés en grève : leur combat est aussi le nôtre.

Nous appelons tous les jeunes et les salariés à se saisir de ces dates pour nous rejoindre dans la grève. Nous appelons à la tenue de réunions interprofessionnelles dans toutes les villes.

23 nov. 2007

Appel du Comité National pour un Référendum

Appel du Comité National pour un Référendum

Un nouveau traité –dit traité de Lisbonne- vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.

C’est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.

Sur un sujet qui a tant d’influence sur la vie de chacun et l’avenir de la France, l’organisation d’un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C’est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.

C’est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d’un Comité National pour un Référendum.

Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.

Le site

Signez l'appel


Appel de la coordination de Tours

Le week-end du 17-18 Novembre, 200 étudiants représentants 64 universités et 3 IUT se sont réunis à Tours pour discuter de la suite du mouvement. Voici l’appel qui en est sorti.

Le mouvement étudiant continue de grandir : 28 universités sont bloquées, et de plus en plus d’universités sont touchées par le mouvement. Des interventions policières et des arrestations arbitraires ont eu lieu dans plusieurs villes cette semaine. Nous les condamnons fermement. Mais Sarkozy et les présidents d’université pourront envoyer la police et la gendarmerie tant qu’il veulent contre nous, cela ne nous empêchera pas de nous mobiliser.

Nous continuerons la grève jusqu’au retrait de la loi Pécresse parce qu’elle signifie la privatisation de l’enseignement supérieur. L’introduction de financements privés va renforcer les inégalités entre universités et filières et va permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations. L’université n’est pas responsable du chômage, et adapter l’université aux exigences du "monde du travail" ne rapprochera pas les étudiant-e-s de l’emploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la déqualification et vers la précarité. Nous refusons également l’instauration d’une pré-sélection à l’entrée de l’université.

Pour les présidents d’universités, c’est également la possibilité de recruter des personnels en dehors du statut de la fonction publique, et de gérer la carrière de ces derniers. Nous refusons catégoriquement la généralisation de la concurrence et de la précarité pour les personnels, ainsi que le renforcement des pouvoirs des présidences et du patronat au sein des Conseils d’ Administration.

Cette réforme n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour une augmentation massive des aides sociales, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre Françai-e-s et Etranger-e-s dans l’accès aux études.

La journée du 14 novembre montre que la contestation sociale s’amplifie. La grève des cheminots et de la RATP est partie pour durer. Les cheminots, les salariés de la RATP et d’EDF-GDF ont raison de lutter sur la question des retraites. Nous aussi, étudiant-e-s, sommes concernés, car le gouvernement et le MEDEF veulent augmenter la durée de cotisation de l’ensemble des salarié-e-s, à 41 voire 45 ans. Parce que nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner, nous soutenons le mot d’ordre de 37,5 annuités de cotisations pour tous aux côté des cheminots et des salarié-e-s d’EDF, de GDF, de la RATP...

Les salarié-e-s de la fonction publique ont tout autant raison de se mettre en grève contre le démantèlement des services publics, contre les 22 000 suppressions de postes, qui dégradent notamment les conditions d’études des lycéen-ne-s, et pour l’augmentation des salaires. C’est dR